L’historique du château Cantemerle et notre action Léo Drouyn

 

Le mardi 16 avril nous sommes partis effectuer notre deuxième visite à Cantemerle. Après la découverte de l’exploitation et des chais en novembre, les photographies devant servir comme modèles de nos gravures, nous devions en savoir plus sur l’historique des deux châteaux Cantemerle. 

Nous connaissions déjà Mme Catherine Martin (historienne de l’art de l’association du CLEM), qui était venue nous présenter ce graveur historien archéologue  bordelais du XIXème siècle et  notre projet gravure. Elle avait aussi commenté avec nous les vestiges de nos villae  gallo romaines de Gironville que nous lui avions présentés.  

En arrivant à Cantemerle, nous avons vu qu’ils effectuaient une mise en bouteille mais ce n’était pas l’objet de notre visite. Nous avons été accueillis par Mme Laurence Dufau (responsable des relations extérieures du château de Cantemerle) et Mme Catherine Martin.

Catherine nous a fait l’historique des châteaux et elle nous a expliqué qu’au Moyen Âge le château de Cantemerle n’était pas ici, mais à environ 700 m à l’Est. Cantemerle est connu depuis MCXDVII (1147) au Moyen Âge. Du château fort, il ne reste que des pierres éparses, près de la Métairie, au lieu-dit  « Le vieux château »‘.

En MCCCDIX (1360) Louis Chabot, seigneur de Cantemerle recevait environ 1/6 de la récolte de ses paysans, mais ces pauvres vilains devaient aussi donner  1/10 au curé (la dîme).

C’est à l’époque de Louis Chabot que nous avons voulu que se déroule notre nouvelle « Le vilain contre les brigands ou le fabuleux destin de Guillaume » que nous avons créée il y a deux mois et qui paraîtra dans le « Livre de l’école de Macau » en juin ! J

L’historien bordelais Henri Ribadieu a décrit le Cantemerle du Moyen Âge et sa tour vigie de la Fue, et nous nous en sommes inspirés pour situer notre histoire. 

Le nom de Cantemerle, affirme une légende, serait dû à une couleuvrine (canon), le « merle », comme le nommait le seigneur. En cas d’attaque, il le faisait tirer, en ordonnant «  Cante, merle » ! Cante signifie chante en langue d’Oc !

On cultivait la vigne mais on ne faisait pas le même vin.  On produisait du clairet. Les Anglais en acheminaient des tonneaux vers Londres. Cantemerle, comme toute l’Aquitaine, était vassal du roi d’Angleterre.

 Il y avait à Bordeaux l’abbaye de Sainte Croix qui  possédait des dépendances à Macau et ailleurs. Chaque année les abbés de Sainte Croix donnaient au seigneur de Cantemerle un « coulac » (esturgeon) sur un plateau d’argent.

Près de Cantemerle l’ancien, se trouvait une maison noble, Sauves, où l’on entreposait le vin.

En MLDXXIX (1579), on ne recueillit que trois tonneaux de vin, soit 12 barriques sur le plantier de Cantemerle. En effet, le Médoc de cette époque était plus une terre céréalière que viticole.

Mme Martin nous a aussi expliqué qu’à la révolution l’ancien château a été détruit, ses pierres servant pour édifier des maisons alentours. Il ne resta qu’une échauguette.

Elle fut déplacée sur le château actuel, reconstruit à l’emplacement de Sauves et renommé Cantemerle. Mais des rues et chemins de notre village s’appellent « Grand chemin de Sauves » et « Caminot (petit chemin) de Sauves ».

Le nouveau château est un mélange de styles, une partie en forme de L, de style classique, épurée, fut construite à la fin du XVIIème siècle, le reste, formé d’avant-corps et de tourelles plus ornés, date du XIXème. Les architectes ne sont pas identifiés, les archives ayant disparu avec les anciens propriétaires ! Dommage…

Nous avons eu beaucoup de chance car Mme Dufau nous a laissé visiter le rez de chaussée du château. Il comporte beaucoup de petits salons et boudoirs. Nous avons trouvé cela très original mais un peu simple pour quelques pièces et un peu (beaucoup pour d’autres) blanc. Le mobilier est hétéroclite, car les meubles d’époque se sont « envolés », comme les archives ! Dommage encore !

Nous avons eut le droit à cinq minutes de temps libre dans le magnifique parc dessiné par Fischer (un des réalisateurs du Jardin Public de Bordeaux). Ce parc devait « mettre en scène », en valeur, le château.

Et ce que nous avons trouvé sympathique,  c’est qu’au bout d’une allée se trouvent deux arbres abattus qu’ils ont gardé.  Donc nous nous sommes demandés à quoi ils servaient et en faisant le tour on a vu une plaque collée sur un des arbres : « Tempête du 27 décembre 1999 ».

Avant de prendre congé, Mme Martin nous a remis un superbe carnet de visite à compléter. De notre côté, nous avons fait présent à nos hôtesses d’un exemplaire de notre nouvelle.

Merci à Mmes Martin et  Dufau pour cette matinée très agréable et historiquement géniale ! 

Nous sommes repartis la tête remplie de l’historique du château mais le ventre vide et les souliers usés !

Il nous tarde de réaliser nos gravures à l’eau forte avec Bertrand Gaultier en mai…

Les CM1 CM2 de JP Lafon (école de Macau)