Myosotis et encres végétales : les œuvres des CE1 de Virelade

Cette année les CE1 de l’école de Virelade ont travaillé sur deux projets annuels : Jardins et patrimoine mais aussi Chante école. De plus, ils ont réussi à lier les deux projets en illustrant à l’aide d’encres végétales la mise en chanson du poème Myosotis d’Alphonse de Lamartine.

Chou, curcuma, brou de noix… le résultat est superbe !
Cliquer ici pour voir les illustrations aux encres végétales

Pour écouter la chanson Myosotis :

Afin de compléter le travail de l’année sur les végétaux, les élèves ont également réalisé des cyanotypes à partir de feuilles et de plantes récoltées pour confectionner leurs herbier :  après avoir enduit à l’avance le Canson des élèves avec un produit photosensible, ils ont choisi la plante de leur herbier qu’ils préféraient, l’ont posée dessus, mis une plaque de verre, découvert au soleil l’effet produit, rincé le papier à l’eau et fait sécher sur un filet de but avec des pinces à linge.

Là aussi le résultat est magnifique : bravo à eux ainsi qu’à leur enseignante pour le travail accompli et leur implication dans ces deux projets !

Recette des sablés au cumin de Hildegarde de Bingen

CUMIN, Cuminum cyminum

Au Moyen Âge, le cumin est une épice très appréciée. Les graines étaient déjà utilisées durant l’Antiquité pour ses vertus digestives.

Avec le carvi, la coriandre et le fenouil, il fait partie des « quatre semences chaudes majeures » car elles se distinguent par leurs parfums chauds et aromatiques. Ces graines de la famille des Apiacées sont toutes carminatives, c’est-à-dire qu’elles favorisent la guérison des troubles digestifs.

Originaire du Proche-Orient, il est importé en Occident et peut dès lors être acheté chez un apothicaire.

Apothicaire, fresque, 15e siècle, Italie, château d’Issogne

Hildegarde de Bingen, abbesse bénédictine du 12e siècle et grande botaniste, recommande le cumin contre le mal de mer et les maux de cœur.

La plante possède, en effet, des vertus anti-inflammatoire et antalgique importantes. Luttant efficacement contre la constipation, elle peut aussi être consommée en cas de rhumatismes et d’épuisement nerveux. On la consomme telle qu’elle, en poudre ou infusée.

Voici justement une recette livrée par Hildegarde en cas de nausées :

Galettes au cumin, recette d’Hildegarde de Bingen

Ingrédients :

  • 100g d farine complète
  • 1 œuf
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 1 bonne pincée de sel
  • 1 cuillère à café de cumin en poudre
  • 1 cuillère à café de grains d’anis ou de cumin

Préchauffez le four thermostat 7 ou à 210 °C.

Mélanger la farine, le sel et les épices. Ajouter le jaune d’œuf et l’huile et façonnez une pâte souple.

Faites de petites boulettes aplaties que vous disposerez sur du papier cuisson sur la plaque du four. Enfournez pour une dizaine de minutes en surveillant.

Bon appétit !

P.S. : il paraît qu’au Moyen Âge, conserver un petit sachet de grains de cumin sur soi protégeait du mauvais sort !

La peinture végétale

Fabriquer des pigments à base de végétaux ? C’est facile !

Il va s’agir, avec ces quelques exemples, d’extraire le jus végétal pour en faire de la peinture type aquarelle ou encre. C’est aussi la base de la teinture végétale.

 

 FAIRE DU ROUGE ET DU VIOLET

Betteraves

  • 1 betterave rouge crue ou cuite (la couleur est plus intense si elle est crue)
  • 1 râpe de cuisine
  • 1 vieux torchon
  • 1 petit saladier
  • 1 cuillerée à soupe d’eau

Le pigment rouge de la betterave est la bétanine. Il est utilisé dans les préparations alimentaires comme la confiture ou la glace.

 

Râper finement la betterave. Placer le vieux torchon sur le saladier et mettre la betterave râpée par-dessus. Verser une cuillerée à soupe d’eau sur la betterave, fermer le torchon et essorer pour extraire le jus coloré.

 

En vidéo chez Ouest-France

 

Coquelicots

  • 1 poignée de pétales de coquelicots
  • 1 mortier et 1 pilon
  • eau
  • 1 passoire à thé (passoire très fine)
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

Les pigments rouges contenus dans les coquelicots sont les anthocyanes.

 

Placer les pétales dans un mortier et ajouter quelques gouttes d’eau. Broyer les pétales, puis les déposer dans une passoire au-dessus d’un verre.

Presser les pétales avec la cuillère à café pour en extraire le jus. Cela donne une teinture violet-rouge.

Si on ajoute quelques gouttes de vinaigre ou de citron, elle devient rouge.

 

 FAIRE DU JAUNE – ORANGE – BRUN

Pelures d’oignons

Pour une peinture plutôt jaune : prendre des oignons blancs.

Pour une peinture plutôt brun-rouge : prendre des oignons rouges.

  • 3 à 4 tasses bien pleines de pelures d’oignon séchées
  • 1 tasse d’eau
  • 1 petite casserole
  • 1 passoire fine
  • 1 plat
  • 1 cuillère à soupe

Faire cuire les pelures d’oignon dans une casserole avec une tasse d’eau, pendant environ 20 minutes à feu doux.

Verser le jus coloré dans un plat et placer les pelures dans une passoire au-dessus. Presser les pelures pour terminer d’en extraire le jus.

 

 FAIRE DU VERT

Épinards

  • 10 à 20 feuilles d’épinards
  • 1 mortier et 1 pilon (ou 1 coupelle et 1 galet)
  • eau
  • 1 passoire à thé
  • 1 verre
  • 1 cuillère à café

 

Écraser les feuilles d’épinards avec un pilon en faisant des mouvements circulaires. Ajouter en même temps quelques gouttes d’eau. On doit obtenir une fine bouillie verte.

La déposer dans une passoire à thé au-dessus d’un verre, et la presser pour en extraire le jus. On peut aussi placer la bouillie dans un tissu en coton et l’essorer.

 

 

 

 FAIRE DU BLEU

Chou rouge (bleu et rouge)

La couleur peut varier du rouge au bleu.

En le cuisant, il peut prendre une teinte bleue. Si on lui ajoute, en cours de cuisson, du vinaigre, il garde sa teinte rouge. Ajouter du bicarbonate peut aussi faire varier la couleur.

  • ½ chou rouge
  • 1 petite planche
  • 1 couteau
  • eau
  • 1 mixeur électrique ou 1 robot de cuisine
  • 1 plat
  • 1 vieux torchon en coton

Couper le chou en fines lanières. Ajouter 5 à 10 cuillères à soupe d’eau.

Réduire en purée avec le mixeur.

Verser la purée dans un chiffon, au-dessus d’un plat.

Essorer le torchon pour faire sortir le jus.

 

De nombreuses autres plantes peuvent vous permettre de créer de la couleur : le curcuma, l’oeillet d’Inde, le souci pour du jaune ; le magnolia et le géranium rouge pour le rose, le dahlia en fonction de la couleur de la fleur, la fougère, le noyer ou l’ortie pour le vert, le brou de noix pour un brun-noir.

 

Ces encres végétales se conservent quelques jours dans un bocal fermé ou dans un bac à glaçons pour les utiliser plus tard !

 

Sur notre blog pédagogique, des articles autour des plantes tinctoriales et des réalisations de classes :

 

Bibliographie et webographie :

Helena Arendt, Peintures végétales avec les enfants, éd. La Plage, 2010

Elisabeth Dumont, Encres de plantes, Ulmer, 2018

https://www.monpetitcoinvert.com/blog/la-peinture-vegetale-mode-demploi/

COLLAB’ : Aquarelles végétales avec WHOLE